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Pour des exploitations produisant plus de 300 tonnes de matières sèches (MS) par an (déjections animales + co-substrats), avec des teneurs en matière sèche à partir de 10-12% (valeur considérée comme minimum pour la réalisation d’une étude de faisabilité dans les conditions actuelles), l’investissement est d’environ 700 € par tonne de MS. On compte environ 300 à 400 € par m3 de digesteur, pour le poste «méthanisation».
L’investissement pour un groupe électrogène adapté au biogaz est de l’ordre de 1.200 à 1.800 € par kW installé. Ajouter 20 à 30% de coûts supplémentaires divers. Attention, il ne s’agit que d’ordres de grandeur. Les investissements peuvent varier considérablement d’un projet à l’autre, par exemple en fonction de la configuration des lieux (distances de canalisations), de la teneur en matière sèche.
 | Coûts de fonctionnement et recettes | |
La conduite nécessite généralement entre 10 et 30 minutes par jour. L’entretien représente environ 2 à 3% de l’investissement hors groupe électrogène, plus environ 5 à 10% de l’investissement du groupe électrogène. Globalement, le coût d’exploitation est de l’ordre de 5 à 10 € / m3 de produit à digérer, ou encore de 50 à 90 € / MWh (1 MWh = 1.000 kWh).
En France, la loi fait obligation au distributeur d’acheter l’électricité produite à partir du biogaz. Le producteur peut souscrire : . soit un contrat d’achat « petites installations » pour des puissances de moins de 36 kW. Le prix d’achat est égal au prix de vente : environ 75 € / MWh pour un tarif de base. . soit un contrat d’achat "biogaz de méthanisation", pour des installations de puissance supérieure. Le tarif est alors d’environ 50 € / MWh.
La rentabilité des installations de méthanisation repose sur les prix d’achat de l’électricité. Le développement du biogaz à la ferme en France nécessite donc des compléments de ressources financières pour ces installations : . valorisation aussi poussée que possible de la chaleur (qui représente l’équivalent, en quantité, de l’électricité produite). . co-digestion, c’est-à-dire traitement combiné des déjections d’élevage et de résidus de l’agro-alimentaire avec rémunération de l’agriculteur pour une prestation de traitement. . soutien public.
 | Des subventions variables | |
Les études peuvent être subventionnées (jusqu’à 70 % par l’ADEME), et les investissements bénéficient de subventions maximales de 60 % à 75 %, dont 30 % de l’ADEME. Le surcoût peut être minimisé en fonction du contexte local, par exemple en intégrant l’unité de méthanisation dans la mise aux normes de l’exploitation.
Dans les conditions actuelles, nous considérons qu’il est possible de rentabiliser une installation de biogaz à la ferme en 10 ans, à condition de disposer de 300 tonnes de matières sèches, dont une partie de substrats payants. Une telle installation coûterait 200.000 € HT, et bénéficierait normalement de 50 % de subventions. La puissance installée serait de 35 kW, l’électricité étant alors vendue à 77 € / MWh.
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